Le Blog

Le blog du Centre

Le blog du Centre Franco-Allemand de Provence est une plateforme d’échange d’idées sur des thèmes franco-allemands. Nous nous proposons de publier ici des textes des conférenciers que nous avons invités, des collaborateurs du Centre Franco-Allemand, mais aussi et surtout, vos contributions. Alors présentez-nous votre expérience franco-allemande, partagez avec la communauté du Centre une lecture que vous avez particulièrement appréciée, signalez-nous une exposition à ne pas manquer, faites-nous découvrir un artiste à écouter absolument.  Contactez-nous pour nous faire part de vos contributions, que nous lirons avec intérêt.

Journée Franco-Allemande 2018

France et Allemagne – deux pays qui ne sont pas simplement liés par une frontière commune mais qui, depuis un demi-siècle déjà, le sont également par un traité d’amitié connu sous le nom de traité de l’Elysée. Ce dernier fut signé le 22 janvier 1963 au palais de l’Elysée à Paris par le président de la République française Charles de Gaulle et le chancelier allemand Konrad Adenauer. Depuis ce jour, les deux pays travaillent en étroite collaboration sur plusieurs plans comme entre autres la politique, la culture et l’éducation.

A l’occasion du quarantième anniversaire de l’amitié franco-allemande, le président Jacques Chirac et le chancelier Gérard Schröder décidèrent de mettre en place une journée franco-allemande qui serait célébrée dans les deux pays, et ce, sous la forme d’une semaine s’organisant autour de manifestations culturelles, politiques ou artistiques. Le but de cette journée est de célébrer et de commémorer les origines de cette amitié, notamment en s’adressant à la jeunesse, en s’ouvrant toujours plus au pays voisin et en nourrissant des échanges toujours plus actifs.

Dans la déclaration signée et ratifiée par les deux pays, il est dit à l’article 16 :

« Nous déclarons le 22 janvier "journée franco-allemande". Nous souhaitons qu'à l'avenir, cette journée soit consacrée, dans toutes les institutions de nos systèmes éducatifs, à une présentation de nos relations bilatérales, à la promotion de la langue du pays partenaire, et à une action d'information sur les programmes d'échanges et de rencontres ainsi que les possibilités d'études et d'emploi dans le pays partenaire. »

Ainsi, depuis 2003, chaque 22 janvier est célébré sous une devise commune, comme par exemple « promouvoir la langue partenaire » en 2004 ou « Allemands/Français : partenaires un jour, partenaires pour toujours » en 2016. L’Office Franco-Allemand pour la Jeunesse s’assure chaque année depuis 2007, en partenariat avec le ministère de l’Education Nationale, de l’organisation de cette journée via des projets créatifs qui promeuvent les échanges entre les deux pays. Ainsi chaque organisateur se voit confier d’un espace libre pour réaliser des projets, qu’il s’agisse d’un concert, d’un spectacle de cirque, d’une représentation théâtrale, d’une exposition, d’une conférence, d’un cours de cuisine, d’un speed-dating ou autre, peu importe le support tant que la culture du pays voisin figure au premier plan. En 2017, l’OFAJ a ainsi soutenu environ 150 manifestations culturelles à l’occasion de la journée franco-allemande.  

Le Centre Franco-Allemand de Provence proposera dans cette optique plusieurs manifestations culturelles, notamment une conférence menée par M. Henri Ménudier, professeur émérite de Sciences Po Paris. Cette conférence qui s’intitule « Emmanuel Macron et la relance de l’Europe – propositions françaises et allemandes » se déroulera le jeudi 18 janvier prochain à 18h30 dans l’enceinte de la mairie d’Aix-en-Provence.

En outre, le Centre Franco-Allemand de Provence interviendra, en partenariat avec la lectrice Mobilklasse, comme l’an passé, dans plusieurs écoles maternelles d’Aix-en-Provence implantées dans des quartiers à forte mixité sociale où les enfants ont moins facilement accès à d’autres cultures. Ainsi, les enfants pourront être initiés à la culture et à la langue allemande. Après un petit-déjeuner typiquement allemand, des activités ludiques autour du thème « le poisson Arc-en-Ciel » ou « les musiciens de Brême » leur seront proposées. Ces interventions sont soutenues par l’Office Franco-Allemand pour la Jeunesse qui a offert des goodies ainsi que des brochures informatives s’adressant à un jeune public.    

 

Klara Rüsing
Traduit de l'allemand par Clarisse Nabet

 

Guerre et Paix au regard de la Première Guerre mondiale. Des tranchées au projet d’une Europe unie.

La première réflexion sur le thème de la Première Guerre mondiale sous forme de concours d’histoire a débuté en 2014/2015. Cette année-là, cette réflexion fut menée autour de la question « L’Europe sur le champ de bataille, que nous reste-t-il de la Première Guerre mondiale ? », en 2015/2016 autour de la problématique « Verdun – un lieu de mémoire ? » et cette année elle sera menée autour de la problématique suivante « Des tranchées au projet d’une Europe unie ».

Ce projet est organisé par le réseau EUSTORY en coopération avec la Fédération des Maisons Franco-Allemandes, la Mission du centenaire de la Première Guerre mondiale, le consortium des institutions franco-allemandes, l’Association des Professeurs d’Histoire et de Géographie, l’Office Franco-Allemand pour la Jeunesse et l’Institut Goethe.

Il s’agit d’un concours d’histoire s’adressant à des collégiens et des lycéens depuis la classe de 4ème jusqu’au Baccalauréat - soit âgées environ de 13 à 19 ans – en France et en Allemagne et dont le vainqueur pourra participer au History Camps de l’Institut Körber.

La mission des participants est d’imaginer la paix avant pendant et après la Seconde Guerre mondiale en y intégrant des sources, des questions actuelles sur la paix et l’Europe en général. Ils ont de ce fait la possibilité de coopérer avec des partenaires allemands – via par exemple une classe partenaire – cependant ce n’est pas forcément une condition obligatoire quant à la participation à ce projet. Les élèves sont libres de contribuer à ce projet individuellement ou en groupes – comme par exemple en tant que travail de classe – via l’utilisation de plusieurs médias (radio, blog, film, projet plastique etc.) Ce projet permet en outre une collaboration interdisciplinaire (histoire, musique, art-plastiques, langues étrangères). Les projets doivent être envoyés au plus tard le 25 mars prochain, ils seront alors examinés par un jury franco-allemand. Après cela, les vainqueurs seront récompensés par, comme cité plus haut par exemple, un droit de participation au History Camp.

Dans ce concours seront récompensés non pas les contributions les mieux rédigées mais plutôt les contributions ayant plusieurs visées pédagogiques. Les élèves seront ainsi incités à prendre connaissances des anecdotes locales et familiales et à développer leur compréhension des contextes historiques. Ils sont également invités à faire des recherches issues de sources telles que les archives, les témoignes issus de leurs environnements familiaux ou encore à visiter des lieux de mémoires ou des musées. De plus, au-delà des élèves, les professeurs seront invités à élaborer des échanges informels s’ils conduisent ces projets en coopération avec des classes partenaires.

Le réseau EUSTORY est un réseau informel composé d’organisations de la société civile issus de plus de 20 pays européens qui organisent des concours d’histoire nationaux. Ce réseau naquit en 2001 grâce à la fondation Körber et pallie depuis la nécessité d’études critiques et indépendantes du passé qui permettront d’élaborer un futur européen commun. 

Klara Rüsing
Traduit de l'allemand par Clarisse Nabet

 

Mise en place du gouvernement en Allemagne - difficultés, incertitudes

Le résultat des élections du Bundestag en septembre 2017 en Allemagne a débouché sur une coalition composée des partis CDU/CSU, FDP et des Verts, aussi connue sous le nom de « la coalition Jamaïque » puisque les couleurs de ces quatre partis forment le drapeau jamaïcain. Les discussions exploratoires, pendant lesquelles les quatre partis devaient se mettre d’accord sur leurs idées du gouvernement, ont commencés le 18 octobre et ont fini tard dans la soirée du 19 novembre après 4 semaines, mis fin par le FDP. Christian Linder, chef du parti de FDP, fait part de cette rupture de discussion dans une communiqué de presse, expliquant que son parti n’est pas capable d’assumer la responsabilité d’être « l’esprit du papier exploratoire », ni disposé à abandonner les principes du parti ainsi que travail qui a été mené ces dernières années. « Il est préférable de ne pas gouverner du tout que de gouverner d’une mauvaise façon » a-t-il souligné plusieurs fois pendant sa déclaration.

Plusieurs grands thèmes furent discutés lors des discussions exploratoires ces dernières semaines comme l’impôt de solidarité, la reconduite à la frontière des demandeurs d’asile, le moteur à explosion et les centrales thermiques au charbon.  Le FDP a quitté les discussions à l’occasion des négociations autour du regroupement familial des titulaires du droit d’asile, argumentant que les quatre partis seraient responsables partiellement. L’Union et les Verts en revanche ont déploré la rupture des discussions car les négociations allaient dans le bon sens et un accord était potentiel selon eux.

On se demande tout de même ce qu’on va faire maintenant dans le gouvernement allemand. Une question qui n’est pas seulement intéressante pour les citoyens et les hommes et femmes politiques d’Allemagne mais aussi pour toute l’Europe car on connaît bien l’influence allemande sur les projets internationaux. Comme le FDP ne voit pas aucune chance d’une reprise des discussions, même après la conversation avec Frank-Walter Steinmeier, le président de la République fédérale, le mardi après-midi, trois possibilités d’une formation du gouvernement demeurent :

Une Grande coalition ; un gouvernement minoritaire ; des nouvelles élections.

La bonne solution pour l’Allemagne doit être décidée de façon imminente. Le fait que ces trois possibilités ne vont pas aboutir avec la même probabilité doit être pris en compte aussi.

Une de ces possibilités, la Grande Coalition, signifie une coalition entre le CDU/CSU et le SPD. Une coalition qui déjà formaient le gouvernement lors des deux dernières législatures. La probabilité d’une réalisation des discussions exploratoires entre l’Union et le SPD n’est pas facile à estimer. Une « GroKo » était déjà exclue comme possibilité directement après la déclaration des résultats le 24 septembre du côté du SPD. Le SPD n’est plus disposé à perdre son identité dans une collaboration avec l’Union. Il se voit plutôt dans l’opposition pour cette législature afin de retrouver sa propre identité. Même la rupture des négociations de la coalition Jamaïque n’a pas fait changer d’avis le SPD. Martin Schulz, chef du parti, affirme que ce serait Merkel qui affaiblirait ses partenaires et qui finirait toujours comme gagnante. Et pourtant, cette décision du SPD ne serait pas irrévocable. Après des conversations internes du parti, fixées pour la dernière semaine de novembre au sujet de la possibilité de s’ouvrir à une négociation avec l’Union, il sera plus facile d’estimer nos chances d’avoir une grande coalition comme gouvernement.

La deuxième possibilité, un gouvernement minoritaire, pourrait s’opérer sans l’Union et le FDP ou bien sans l’Union et les Verts. Dans le premier cas la coalition manquerait de 29 sièges et dans le second cas de 42 sièges pour le maintien de la majorité au Bundestag, ce qui signifie que le gouvernement devrait compter pour chaque décision sur les voix de l’opposition. Le gouvernement minoritaire n’est en réalité approuvé que par peu de politiques. Merkel affirme clairement qu’elle désire un gouvernement stabile pour l’Allemagne, ce qui n’est pas réalisable avec un gouvernement minoritaire. C’est pour cette raison que l’Union envisage cette possibilité comme invraisemblable.

La troisième et dernière possibilité serait de nouvelles élections, chemin long et semé d’embûches. Pour les politiques cette solution est à éviter, cela est également écrit dans la constitution allemande. Frank-Walter Steinmeier, président de la République fédérale, se réfèrent aux événements de l’année 1930 à Weimar. Cette année-là on fit de nouvelles élections et ces dernières contribuèrent à la victoire écrasante du NSDAP, parti d’Adolf Hitler, au parlement. Et cependant, de nouvelles élections serait une possibilité à ne pas sous-estimer, et ce, même si le chemin est encore long entre la situation actuelle et la mise en place de nouvelles élections. A quoi tout cela va-t-il bien pouvoir aboutir ?

Si le parti gagnant des élections est incapable de constituer un gouvernement dans les 100 premiers jours, on choisira en effet, selon la loi fondamentale 63 de la constitution de la République fédérale, un candidat à la chancellerie. Pour cela, le président de la République fédérale, en l’occurrence Frank-Walter Steinmeier, proposera un candidat à la chancellerie. Ce candidat doit être approuvé par au moins la moitié du Bundestag pour devenir chancelier. Si tel n’est pas le cas, on rentre dans une deuxième phase dans laquelle le Bundestag a deux semaines pour choisir un candidat à la majorité absolue.

Le nombre de tours de scrutin et de candidats étant illimité, le Bundestag peut au bout des deux semaines échouer quant à l’organisation d’un vote. Dans le cas où aucun candidat n’est élu avec la majorité absolue, un autre vote est organisé dans lequel on peut élire un candidat à la majorité relative. Ce dernier doit par la suite être nommé par le président de la République fédérale, ce qui encore une fois constituerait un gouvernement minoritaire. Le président peut bien entendu refuser de nommer le candidat et de nouvelles élections entrent en jeu. A cette étape-là, le président dissout le Bundestag et de nouvelles élections doivent avoir lieu dans les 60 prochains jours.

Indépendamment de l’opinion de nos politiciens du Bundestag, on a aussi cherché à connaître l’opinion des citoyens allemand. Que souhaite l’Allemagne ? le journal allemand « Die Zeit » a mené sur sa page internet un petit sondage auquel ont répondu presque 150 000 lecteurs. Ils représentent certes seulement une petite partie de la population allemande mais ils reflètent cependant assez fidèlement l’opinion générale. D’après ce sondage, 36,7% s’accordent pour de nouvelles élections, 43,9% pour la mise en place d’un gouvernement minoritaire et enfin 19,4% sont en faveur de la constitution d’un gouvernement avec la « Grande Coalition ». Des résultats similaires ont été constatés dans d’autres journaux allemands même si on remarque depuis le début de la semaine un engouement toujours plus important pour un gouvernement minoritaire ou pour une Grande Coalition. De plus en plus de citoyens semblent en effet sceptique quant à la mise en place de nouvelles élections.

Les décisions imminentes, qui seront prochainement prises en Allemagne, sont décisives pour l’avenir de la politique allemande mais aussi pour l’Union Européenne et également pour les relations internationales du pays. Ainsi, le président français fraichement élu, Emmanuel Macron, pâtit des hésitations quant à la constitution d’un gouvernement allemand, il comptait particulièrement sur une coopération franco-allemande, une partenaire politique stabile telle que Angela Merkel dans le but de réaliser ses promesses de campagnes tant en matière de politique international qu'en matière de politique intérieure. Ainsi par exemple, le Monde ou encore le Figaro s’inquiète de la situation politique Outre-Rhin. Un moment de bouleversements politiques instables, un changement de partis bien implantés au profit de nouveaux partis populistes de droite, comme ce fut le cas en France après Sarkozy et Hollande, voilà ce qui est craint mais en aucun cas souhaité en Allemagne.

L’Allemagne est également essentielle au sein de l’Union Européenne. Sur les réformes de l’UE annoncées pour décembre mais aussi pour la construction de la zone Euro, l’Allemagne pourra difficilement être présente, ce qui serait pourtant une nécessité absolue si elle ne veut pas devoir payer des réparations à outrance. En conséquence, continuer de mener une politique européenne active du côté de l’Allemagne est un critère essentiel pour que les décisions des prochaines étapes quant à la constitution d’un gouvernement soient prises avec sérieux. Ceci est d’une importance notoire non seulement pour l’Allemagne mais aussi pour la France et pour l’Europe entière.

Si la situation actuelle du gouvernement allemand évolue de façon catastrophique et devient un problème sur le long terme ? Cela ne se saura que dans les prochaines semaines. La décision qui sera prise par le SPD sur la mise en œuvre de discussions exploratoires avec l’Union joue un rôle intéressant et décisif, elle est vivement attendue dans les jours à venir.

Klara Rüsing

Traduit de l'allemand par Clarisse Nabet

 

 

La Nouvelle Pinacothèque de Munich, c'est quoi ?

Le jeudi 2 novembre une conférence menée par Joachim Kaak se déroulera au musée Granet – institution partenaire de l’événement – Cette conférence se concentrera sur la Nouvelle Pinacothèque de Munich et plus spécifiquement sur Manet et les Etats-Unis. Mais au fait, c’est quoi la Nouvelle Pinacothèque ?

La Nouvelle Pinacothèque, premier musée d’art contemporain en Europe, fut fondé par Louis Ier de Bavière et rendit ainsi publique sa collection personnelle d’œuvres artistiques. Il voulut dans le même temps rendre accessible une surface d’exposition supplémentaire à l’Ecole de Munich. De cette manière cette dernière dut alors concevoir ce nouveau lieu aux antipodes de l’Ancienne Pinacothèque, dans laquelle se trouvaient les principaux anciens maîtres. A la suite de son ouverture le 25 octobre 1853 l’axe principal de l’exposition fut pendant longtemps mené sur les peintres des écoles et des académies du sud de l’Allemagne, et, par conséquent, sur les tendances de l’Etat indépendant de Bavière. Tel fut le cas jusqu’en 1909, date à laquelle Hugo von Tschudi – directeur général des collections de tableaux munichois –, qui comptait sur le stock de la Nouvelle Pinacothèque, fut employé et mit ainsi davantage en lumière les peintres français de l’époque moderne.  

Pendant la seconde Guerre Mondiale le bâtiment fut gravement endommagé par les bombardements anglo-américains, il fut finalement rasé, en 1949. En parallèle de la réouverture de la Nouvelle Pinacothèque le 28 mars 1980, on inaugura la Pinacothèque d’art moderne de Munich. Cette dernière fut alors immédiatement en charge de l’art contemporain, c’est pourquoi la Nouvelle Pinacothèque prit alors une nouvelle direction et s’orienta vers les peintures et les sculptures du tumultueux XIXème siècle. Entre-temps elle constitua inévitablement le lien entre l’Ancienne Pinacothèque et la Pinacothèque d’art moderne sous le slogan « De Goya à Van Gogh ». Ses collections, constituées en tout de 6000 œuvres environ, font, depuis 1915, parties de la collection d’œuvres picturales de l’Etat de Bavière. Elles offrent un aperçu historique depuis les Lumières jusqu’à l’aube de l’art moderne. Entre la fin du XVIIIème et le début du XXème siècle on trouve dans les salles de ce lieu des œuvres non seulement d’artistes mondialement réputés tels que Manet, Cézanne ou Van Gogh mais aussi des peintures et des sculptures classiques, romantiques, impressionnistes ou encore du Jugenstil.

Depuis 2003 la Nouvelle Pinacothèque est sous la direction de Joachim Kaak, ce dernier est également le conservateur peinture et sculpture de la deuxième moitié du XIXème siècle.

Klara Rüsing

Traduit de l'allemand par Clarisse Nabet

 

 

Analyse des résultats des élections du Bundestag 2017

Le résultat des élections au Bundestag contient de bonnes mais aussi de mauvaises surprises qui vont peut-être annoncer de profonds changements pendant la prochaine législature.

Alors que le CDU/CSU (Union des chrétiens démocrates et des chrétiens socialistes) gagne les élections avec son plus mauvais score depuis 1949 (32.9%), le SPD (parti socialiste allemand) enregistre son plus mauvais score de toute l’Histoire avec seulement 20.5% de votes et, ainsi, fait douter de son statut de parti populaire, qui habituellement dépasse les 30 %. Le parti << Die Linke >> (gauche radicale) et les Verts enregistrent chacun une faible hausse de 0.5 à 0.6 %. Ils se font néanmoins dépasser par le FDP (parti libéral), qui, grâce à une hausse de 6%, refait son entrée au Bundestag. Le résultat de l’AfD (Alternative pour l’Allemagne) de 12.6% fut un immense choc pour la majorité car il ne fait pas non seulement son entrée au Bundestag, il devient également la troisième plus grande force politique du pays.

Le taux de participation qui était de 71.5 % en 2013 atteint cette année les 75.9 % sur les 61.8 millions d’Allemands qui peuvent voter. Cette augmentation d’électeurs actifs a profité aux partis <<Die Linke>> et à l’AfD qui ont réussi à mobiliser près de 2 millions d’anciens abstentionnistes, dont 1.2 millions seulement pour l’AfD. Ainsi la majeure partie de l’électorat de l’AfD (environ 35 %) se compose d’électeurs qui n’avaient pas voté aux élections du Bundestag de 2013. 24 % de son électorat avait déjà voté pour lui en 2013, alors que 21 % de son électorat avait, à cette époque, voté pour le CDU/CSU. Ces résultats confirment une évolution quant aux choix de votes des électeurs qui pourra certainement s’observer sur le long terme. Ainsi les citoyens ne se rallient plus à un parti précis, mais au contraire ils se décident peu avant le vote. On remarque aussi une nette différence entre l’ex RFA et l’ex RDA en ce qui concerne les résultats. En ex RFA le CDU/CSU et le SPD dominent alors qu’en ex RDA le CDU/CSU est clairement sous les 30 %, le SPD n’arrive qu’en quatrième position et l’AfD, avec plus de 20 % des voix, atteint la deuxième place. En Saxe, l’AfD devance même le CDU/CSU.

L’effroi est grand en Allemagne car chacun se demande comment l’AfD a pu conquérir autant de nouveaux électeurs. Un sondage révèle que 60 % des électeurs de l’AfD ont voté en signe de protestation ou parce qu’ils étaient déçus des autres partis. Seulement 31 % des électeurs de l’AfD ont voté par conviction. Le programme du parti est approuvé cependant par 76 % de ses électeurs, qui redoutent de profonds changements sur le plan culturel, religieux, criminel si << rien n’est entrepris contre la terreur et l’afflux de migrants >>. L’AfD est soutenue en majorité par des ouvriers, par des chômeurs et par des gens qui se sentent en difficulté financière. Le statut de parti protestataire donne le rôle de justicier à l’AfD mais cela ne justifie rien. Martin Schulz ainsi que la majorité des politiciens n’en reviennent toujours pas de ces résultats. De tous les côtés de l’hémicycle on clame que, indépendamment des résultats, il est nécessaire de lutter ensemble contre la montée de l’extrême-droite au Bundestag et que la prochaine période législative doit être mise à profit pour redonner confiance aux électeurs allemands sur le plan économique et sécuritaire.

Cependant les préoccupations du Bundestag ne s’arrêtent pas là. Les résultats de cette élection appellent deux possibilités de coalition pour constituer la majorité politique mais, quelques minutes seulement après les résultats, le SPD a fait savoir qu’il n’était pas intéressé par la << Grande Coalition >> (SPD et CDU/CSU), l’unique alternative reste alors la << Jamaika Koaltition >> (FDP, les Verts, CDU/CSU). Cette nouvelle coalition (FDP, les Verts, CDU/CSU) souhaite promettre une nouvelle dynamique mais reste cependant risquée. La raison à cela est que les deux partis minoritaires (FDP, les Verts) présentent des idées diamétralement différentes et, lors de la campagne électorale, ils se présentaient ouvertement comme des adversaires. Cela ne conduit pas seulement à des négociations musclées quant à la construction de la coalition, cela pourrait également signifier un handicap notable au sein du Bundestag. Pourtant, 60 % des électeurs du FDP et 49 % des électeurs des Verts se prononcent en faveur d’une coalition avec le CDU/CSU.

Ainsi l’Allemagne reste sur le qui-vive au-vue de la situation politique sur le plan parlementaire vis-à-vis de l’évolution des négociations de coalition et au-vue de l’entrée fracassante de l’AfD au Bundestag et des conséquences qui en découlent. 

Par Klara Rüsing,

traduit de l'allemand par Clarisse Nabet

 

 

 

 

 

Les élections du Bundestag 2017

Les élections au Bundestag le 24 septembre – une affaire qui n’est pas seulement intéressante pour l’Allemagne mais pour nous tous en Europe. Peut-être savez-vous déjà qu’il y a deux candidats principaux, qui sont membres des deux plus grands partis allemands. La première est la Chancelière fédérale en exercice, Angela Merkel, membre du CDU/CSU. Le second s’appelle Martin Schulz, membre du SPD. Nous ne savons pas si vous vous êtes déjà bien renseignés sur les deux candidats, alors voici quelques informations :

Angela Merkel est la Chancelière fédérale d’Allemagne depuis 12ans, ce qui est très rare car très long. Depuis 2005 elle a eu le temps de vivre plein d’expériences importantes et enrichissantes. Ces dernières pourraient être décisives pour le prochain mandat, et en somme elles sont assez appréciées par la population. C’est l’un des plus grands avantages de Merkel puisque Schultz n’a encore jamais été détenteur d’une si haute position dans le gouvernement, en effet, il fut seulement le maire de la ville de Würselen. De plus l’Allemagne vit des années prospères : un bon développement économique contrairement à l’ambiance de crise qui règne dans la politique internationale augmentent les chances de Merkel. Grâce à sa forte influence sur le plan international et sa stabilité en temps de crise, elle est très aimée des électeurs. Néanmoins Schulz est un adversaire qu’il ne faut pas sous-estimer. Il se présente comme << un homme du peuple >> qui fait preuve d’éloquence et, de ce fait, enthousiasme les foules. Du fait son passé de chômeur alcoolique il semble très humain et naturel. De plus, il donne l’impression de bien comprendre les citoyens et de vouloir agir dans leurs intérêts. On attend de lui qu’il insuffle un vent nouveau dans la politique du Bundestag et dans le SPD. En tout cas il est soutenu de façon inconditionnelle par son parti contrairement à Merkel.

On peut dire de ces deux candidats qu’ils ont chacun leurs forces et leurs faiblesses. Dans le cas de Merkel, le soutien fragilisé de son parti -le CDU- et sa politique envers les réfugiés la desservent auprès des électeurs conservateurs. De plus, elle démontre un manque de rhétorique et pourraient peut-être lasser les électeurs du fait de ses 12 ans d’investiture en tant que Chancelière fédérale. Schulz, quant à lui, pourrait rencontrer des difficultés s’il agit pour une Europe loin des citoyens et élitiste car n’est pas très aimé par les électeurs. En tout cas le SPD n’aura presque aucune chance de devenir le parti majoritaire s’il ne sort pas des élections comme le parti le plus fort. En outre, il a de plus en plus des difficultés à se différencier du CDU qui s’est beaucoup rapproché de la gauche depuis le début de l’investiture de Merkel.

Bien qu’il reste encore des tas d’aspects à comparer, ces informations devraient être suffisantes pour vous donner un certain avant-goût des élections du Bundestag 2017.

Nous espérons que vous attendez avec autant d’impatience que nous les résultats !

 

Par Klara Rüsing,

traduit de l'allemand par Clarisse Nabet

 

Interview avec l'auteur allemand Uwe Timm

Dans le cadre de la sortie en français de son roman "Le refuge aux oiseaux", l'auteur connu Uwe Timm nous a fait l'honneur d'une lecture à la Bibliothèque Méjanes et d'une interview (en français et en allemand) que vous pouvez lire en cliquant sur ce lien: Interview (pdf)

Mobidico - l'application linguistique de l’OFAJ

Perdue ou perdu en Allemagne ? Le Mobidico en poche, vous aurez tout le vocabulaire nécessaire !

L’application s’adresse à toutes celles et tous ceux qui font un séjour dans le pays partenaire ou participent à un échange et leur permet d’avoir toujours sur elles et sur eux le vocabulaire nécessaire. Elle permet de trouver les termes dans un contexte thématique, de constituer un fichier personnel et de s’exercer à apprendre du vocabulaire à l’aide de cartes-flash et de jeux de vocabulaire.

Comme Mobidico présuppose des connaissances de base dans l’autre langue (A1-A2), l’appli ne contient pas de mots ou expression faisant partie du vocabulaire le plus courant. En revanche, on y trouve des termes spécialisés permettant un échange approfondi et précis sur certaines thématiques.

En plus de la recherche de termes, Mobidico propose une série de fonctionnalités très pratiques et permet de s’exercer pour apprendre le vocabulaire en s’amusant :

recherche, index, mes favoris, cartes-flash et jeu de vocabulaire

Mobidico sur papier
PDF interactif (Flipbook)
PDF

Mobidico foot
PDF interactif (Flipbook)
PDF

Pour plus d'infos, cliquez ici

DVD du mois de juin 2017

Ce mois-ci nous vous présentons le film « Julie en juillet » de Fatih Akin.

Fatih Akin signe un road movie comique et romantique au rythme effréné, porté par Moritz Bleibtreu (« Soul Kitchen », « La bande à Baader », « Munich », « Cours, Lola cours »), Christiane Paul, Mehmet Kurtulus et Idil Üner.

Pour plus d’infos et pour visionner la bande-annonce du film, cliquez ici.

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Tél | E-mail

+33 (0)4 42 21 29 12 info@cfaprovence.com

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Lundi - Vendredi : 10h-12h | 14h30-17h30